Initiée à partir de 1997 par l’ex-Secrétaire Général, M. Kofi Annan, la réforme des Nations Unies vise à apporter des changements profonds tant à l’organisation qu’au fonctionnement de l’Organisation des Nations Unies. Ainsi, la réforme vise à engendrer des évolutions aussi bien au niveau institutionnel qu’opérationnel avec comme objectif de rendre l’ONU plus efficace et efficiente au regard des nombreux défis qui se posent dans le monde au 21ème siècle.
Au Sommet mondial de 2005, les dirigeants du monde entier ont demandé plusieurs rapports historiques. Le premier, intitulé Investir dans l’Organisation des Nations Unies pour lui donner les moyens de sa vocation mondiale et présenté en mars 2006, proposait par une vision audacieuse de la réforme de la gestion du Secrétariat pour les trois à cinq années suivantes.
Au cours de la deuxième moitié de 2006, trois nouveaux documents ont précisé cette vision : l’Examen global du système de gouvernance et de contrôle, le rapport du Groupe de la refonte du système d’administration de la justice des Nations Unies, et les conclusions du Groupe d’experts de haut niveau sur la cohérence à l’échelle du système.
Tous trois présentent des recommandations majeures en matière de procédures et de structures de gestion qui, si elles sont approuvées par les États Membres, pourraient redéfinir la façon dont l’Organisation travaille.
Examen global du système de gouvernance et de contrôle
Les conclusions de l’examen global du système de gouvernance et de contrôle ont été présentées au Secrétaire général en juillet par les membres d’un comité directeur composé d’éminents spécialistes de l’administration publique, qui avaient procédé à l’évaluation de la gouvernance et du contrôle à l’ONU et dans les fonds et programmes et les institutions spécialisées. Les auteurs recommandaient une série d’améliorations qui auraient des effets durables aussi bien sur les structures de gestion que sur les structures administratives. Un grand nombre de ces recommandations – dont la création d’un comité consultatif indépendant pour les questions d’audit aux attributions musclées et l’octroi d’une plus grande autonomie au Bureau des services de contrôle interne – sont d’une portée considérable et devront être examinées de près par l’Assemblée générale à sa soixante et unième session.
Examen de l’administration de la justice à l’ONU
En juillet 2006 également, le « Groupe de la refonte » composé d’experts judiciaires de l’extérieur a déposé les conclusions de son examen de l’administration de la justice à l’ONU. Il a conclu que le système actuel était « dépassé, dysfonctionnel, inefficace et déficient sous le rapport de l’indépendance ». Cela étant, il recommandait « un système complètement nouveau d’administration de la justice » qui serait « professionnel, indépendant et décentralisé ».
Le Secrétaire général a accueilli avec satisfaction ce rapport et il présentera sa réponse à l’Assemblée générale à la première reprise de sa session en 2007, après avoir procédé à des consultations étroites avec le personnel et calculé le coût intégral du nouveau système proposé.
Recommandations du Groupe de haut niveau sur la cohérence du système des Nations Unies
Enfin, les recommandations du Groupe de haut niveau sur la cohérence du système des Nations Unies, coprésidé par les Premiers Ministres du Mozambique, de la Norvège et du Pakistan, ont été présentées au Secrétaire général au début de novembre 2006.
Elles visaient à aider l’ONU à mettre en œuvre le potentiel d’assistance qu’elle peut apporter aux pays pour qu’ils puissent réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement – ce qu’elle doit faire en rationalisant la galaxie onusienne, actuellement diffuse et variée. Les auteurs estiment que l’Organisation doit être radicalement structurée afin d’être « unie dans l’action », notamment dans des pays où elle pourrait avoir un effet bien plus grand si elle était moins fragmentée.
Ces trois rapports pourraient, s’ils débouchent sur une véritable réforme concrète, renforcer l’efficacité et la réactivité de l’Organisation. Toutefois, compte tenu de problèmes considérables d’organisation (et de financement), il est probable qu’il faudra plusieurs années pour que ces recommandations soient appliquées.
Pour en savoir plus
> Rapports et documentation de référence sur la réforme des Nations Unies
> Groupe de haut niveau sur la cohérence du Système des Nations Unies
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